Aux côtés d’intervenants issus du monde de l’entreprise, de l’investigation et du conseil, Stéphane de Navacelle a participé à une réflexion approfondie sur les transformations du paysage financier international lors de la 22ᵉ Conférence Annuelle Anti‑Corruption de l’IBA, organisée à Londres.
Les échanges ont mis en lumière les risques émergents liés aux fonds d’investissement, aux crypto‑actifs et au shadow banking, dans un environnement globalisé et fragmenté où la surveillance demeure inégale et la transparence limitée. Le shadow banking, défini comme une intermédiation financière hors du système bancaire traditionnel, apparaît moins comme une catégorie illicite que comme un espace de vulnérabilités, en interaction avec des zones grises et des circuits financiers opaques.
Une dualité persistante caractérise l’écosystème crypto : malgré un cadre réglementaire formel (LCB‑FT, enregistrement, supervision), une part significative des activités reste offshore, décentralisée (DeFi) ou hors du champ réglementaire. Le cadre européen, notamment à travers MiCA, illustre une transition vers une harmonisation progressive, marquée par la coexistence de régimes nationaux et européens et par des incertitudes quant à sa mise en œuvre effective.
Les structures d’investissement telles que le private equity et les hedge funds peuvent, dans certains cas, être mobilisées pour contourner les dispositifs classiques de conformité, révélant les limites de régimes AML historiquement centrés sur les institutions bancaires. On observe ainsi un glissement d’une logique préventive vers une logique de détection, où les données, les investigations et les autorités de poursuite jouent un rôle croissant dans la lutte contre la corruption et le blanchiment.